Il mériterait un blog à lui tout seul. Il est la tentation ultime, se tenant assez loin pour ne forcer personne, et assez près pour torturer mes neurones et ma libido.
Rencontré il y a deux ans en stage, où il était le plus adorable des chefs, honnêtement charmeur désintéressé je pense. Il a dû faire le cinéma qu'il m'a servi à toutes ses externes. Et s'est trouvé surpris d'en trouver une qui offrait le même en réponse. C'était l'occasion parfaite pour moi de me sortir de mes six ans laborieux avec le même mec qui avait eu raison de ma libido, il l'avait engloutie toute entière et je pensais que j'étais arrivée à ce stade où plus personne ne me ferait envie, et où le sexe ne me dirait plus jamais rien.
Et puis avec ses blagues vaseuses à double sens, je l'ai vite trouvé intéressant, le même sens de l'allusion lubrique déplacée que moi. Le stage a été un délice. Rien de concret, mais des allusions par centaines, des strings détrempés au bloc opératoire, et une libido renaissante. Je disais doucement adieu à mon couple moribond, et ne pensais qu'à une chose, qu'il me saute, n'importe où, n'importe quand et n'importe comment. Il fait partie de ses gens comme moi, qui ne peuvent s'empêcher de séduire, d'être déplacés, inappropriés. Même sans arrière pensée concrète. Un jour, on finit par concrétiser ce qu'on avait pas plus envisagé que ça.
Impensable, dix ans de plus, un monde à part du mien, et parfaitement déplacé. Une adresse mail laissée par hasard, et une discussion msn où je lui extorque son adresse avec une photo de mon décolleté. Une heure plus tard, j'étais cambrée sur son canapé, détrempée, sa langue entre mes jambes. Deux jours plus tard, j'étais célibataire. Oh, pas pour lui, jamais je n'y ai pensé, au début. Mais il détournait mon esprit et me permettait que cette rupture soit moins douloureuse. Il m'a été très précieux à cette période. Juste là quand il le fallait.
Jamais nous n'avons envisagé quoi que ce soit d'autre, juste de la baise sans conséquence, avec moins de discussion que n'importe quel plan cul en aurait eu. Il arrivait chez moi, on baisait une heure, il repartait en vitesse à l'hôpital pour finir sa garde. Je ne crois n'avoir jamais rien prononcé de plus que "Bonjour", et deux ou trois obscénités. Même les banalités d'usage on ne les partageait pas. On n'était pas complices pour autre chose que pour le sexe, on ne se connaissait pas pour autre chose, chacun faisait sa vie, le tout ponctué par des conversations msn où chacun allumait sa webcam et finissait par jouir chez soi quand les disponibilités n'y étaient pas. On a bien sûr écumé quelques recoins de l'hôpital avant qu'il aille exercer ailleurs, tout en s'y croisant courtoisement en public.
Il aura toujours pour moi ce goût d'interdit ultime, d'excitation suprême, et sera possiblement longtemps associé aux meilleures baises que j'ai connu. Pas tant par la "technique" mais plutôt par l'état dans lequel je me (le) mettais. Il est une des choses les plus extraordinaires au premier sens du terme qu'il m'est arrivée. J'ai fait tout un tas de choses dont je me pensais loin d'être capable, juste pour qu'il me baise, on a risqué de se faire gauler un nombre incalculable de fois. J'adore qu'il joue au chef, et qu'il me convoque à minuit passée chez lui, "en tenue, chez moi, dans 15 minutes" , et le trouver nu sur son canapé, la bite dans sa main, sachant très bien que jamais je ne refuserais et repartir une heure et un orgasme plus tard. Ou lui ouvrir ma porte dans la tenue qu'il aura lui même choisi par mail, et le laisser tout arracher. Il m'en offrait plus que je n'aurais jamais osé en demander. Et vice-versa... Vice, vice, vice.... Recto-verso.
J'ai fait ma vie, dans mon nouveau célibat flambant neuf, et ai bien profité de cette nouvelle libido... Il le savait, m'y encourageait presque tant que je restais disponible pour enfiler des portes jarretelles et m'allonger sur sa table en verre. J'ai découvert qu'il avait quelqu'un, avec qui il reste selon moi plus par habitude que par passion, mais je m'empêche de penser que c'est critiquable. Jamais nous n'en avons parlé. Mes rencontres n'influaient pas sur nos escapades. Il n'était pas négociable. Aucun ne l'a jamais appris. Aucun n'avait vraiment été stable il faut dire... C'est plus facile pour pas se faire pincer. Et je n'ai jamais pensé y mettre un jour un terme. Je me disais qu'il s'en chargerait quand elle serait enceinte. Par accident, ça va de soi. Malheureusement pour moi il semble, la contraception est efficace, et leur baise plus qu'épisodique.
lundi 30 mars 2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Que vous gribouillez délicieusement bien Miss E..
RépondreSupprimer***devient écarlate***
RépondreSupprimerMais il n'y a point de quoi rougir: cela détent mes neurones mâles avant d'attaquer une journée stressante.
RépondreSupprimerAvec un style qui devient plus court et haletant lorsque l'ambiance devient plus torride et bestiale.
Merci encore et rendez vous au prochain épisode.