Je suis une image aussi joyeuse que le temps. Plus représentatif, on ne peut pas. De l'eau jusqu'aux genoux. Ma mère s'apprête à se reconvertir en nutritionniste. Mon cercle d'amies a établi un "tour de garde", chacune s'encombre d'une soirée à garder la malade. Mange tes nems ma petite. En même temps, je vais pas pas cracher dans la soupe. Ce serait bête, et stupide.
J'arrive à 11h pour travailler, m'endort, chouine un peu, refuse de me mettre clairement à pleurer. Je bouffe les cas cliniques comme une boulimique. Sans les sentir passer. J'attends sagement l'heure,je rentre, j'attends l'heure, je dors. Ma vie est une roue libre, et je suis un zombie qui y court dessus, pendant qu'en moi tout s'arrache, saigne, déchire et hurle. Ajoutons à ça un soupçon de douleur organique, on fait pas mieux. La rétraction utérine, rien de mieux pour se faire un peu plus mal, et quoi de plus naturel?
Aujourd'hui je me rappelle celle que j'étais avant, celle que tout insupportait, qui dénigrait tout et tout le monde. Je n'en ai même pas la force. Et pas plus l'envie. Pourtant, c'était confortable. Je n'ai pas envie d'être à l'aise, je vais laisser cette douleur faire son oeuvre, comme les brûlures par bases et leur nécrose de liquéfaction, qui saponifient les graisses et attaquent des jours entiers, même après avoir bien lavé. Les souvenirs amoureux sont des caustiques. Ils ressurgissent sans prévenir, s'installent, distillent, gonflent le coeur jusqu'à ce qu'il étouffe, mille fois dans la journée. Et quand on les chasse, difficilement, ils se font plus tendres encore pour réclamer leur place, et négocier leur persistance à nos côtés. Un jour peut être, on trouvera quelque chose pour effacer spécifiquement ce qu'on aura choisi. On passera commande. On effacera mails, souvenirs, on jettera les complicités accumulées. Et on bouffera une gélule bleue. On ne sera pas plus heureux pour autant, parce qu'on continuera à transvaser le destop dans des bouteilles de Volvic, et à les garder dans un placard. En attendant, j'aimerai qu'il arrête de pleuvoir. Et me détester juste un peu plus.
mardi 7 avril 2009
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Eternal sunshine of a spotless mind ...
RépondreSupprimerJe ne l'ai pas vu... C'est peut être pas vraiment l'occasion cela dit.
RépondreSupprimerNan ... pas vraiment le bon moment.. Le sujet du film est exactement :"Un jour peut être, on trouvera quelque chose pour effacer spécifiquement ce qu'on aura choisi"
RépondreSupprimerBien que l'ayant vu, seul, dans une salle presque vide, après m'être fait plaquer, l'impresion générale du film était positive. Mais le Monde était moins noir dans ma tête (..il pleuvait pourtant).