dimanche 26 avril 2009

Evidence

Sous la pluie. Elle est passée me chercher pour m'emmener au resto. Pas un mot ou presque dans la voiture. Je n'avais pas très envie de parler. On a attendu un peu, et on a fini par avoir une table, dans cet endroit certes, pas désagréable mais tellement commun que ça ressemble à une usine à bouffe selon moi.
Les trois autres filles sont arrivées, et trois grands verres de bière plus tard, j'étais déjà un peu plus tonique. Pas aimable. J'avais suffisamment de force pour râler après ce gamin à la table d'à côté qui braillait et ses parents qui restaient ébahis devant la capacité vitale de leur bambin. Il me manquait un verre de plus pour leur dire clairement ce que j'en pensais. J'aurai pu dire aussi comme j'appréciais qu'on m'oublie. Et puis même ça, ça me fatiguait.
En repartant chez moi, on a fini par aller chez elle, prendre un verre de vin, et puis deux, trois... Et de fil en aiguille en bobine, avec la nausée et la conviction que ce n'était probablement pas la solution, nous voilà échouées dans un bar vide, désert, presque hostile. Un des endroits où je pouvais parier ne pas le croiser.
Un verre, et le bar est plein. De cons, de connes surtout, de pouffiasses lissées et poudrées, qui se regardent danser. J'ai mal au ventre, je me lève, je papote avec elles, de tout, surtout de rien. On a réussi à tenir toute la soirée à parler de rien, c'est un exploit. Saoule, je parle beaucoup, toujours. Pour ne rien dire, mais j'ai un débit qui s'accélère. Un deuxième verre, et deux connards qui pensent tout pouvoir proposer sans conséquences, et se trouvent remis à leur place. Le bar est plein, j'ai la tête qui tourne, les yeux vitreux, et sourire est au delà de mes capacités. Je ne suis pas triste, je suis hagarde, automatique. Je rentre chez elle, je n'ai pas la force de pousser jusqu'à chez moi. Mes jambes ne m'y porteront pas, j'ai bu suffisamment pour que ce soit inenvisageable. Je m'endors dans ses draps, en pensant à lui, comme la dernière fois que j'ai dormi ici. Il me manque, définitivement, il me manque. Le Rhum ne fait plus effet, il n'anesthésie plus mon cerveau, mais heureusement il m'assomme suffisamment pour que je m'endorme. 6 heures plus tard, les yeux grands ouverts dans cette chambre noire, il est encore là, juste au bord de mon rêve, juste au bout de mes doigts qui sont engourdis. Je prends un café et je rentre chez moi. Je déteste cette sensation vaseuse des lendemains d'abus alcoolisés, où la bouche est pâteuse, la douche urgente, les yeux collés par un mauvais sommeil. Je me déteste d'avoir cru que de l'alcool me rendrait joviale un instant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire