Nuit blanche jeudi chez Elle. La nuit entière à fixer le plafond, immobile. J'ai végété toute la journée hier. Résultat, deuxième nuit blanche. Le pire de tout étant quand j'arrive à m'endormir, que mon esprit s'autorise un rêve, que je me réveille, et qu'il est 6h20. Et 6h20 un samedi, c'est tôt. Le challenge étant de penser à autre chose. Je me suis mise à penser à une épreuve de gymnastique. Aucun rapport? Pas sûr. C'est pas le peu de gymnastique que j'ai fait étant au collège qui le justifie. Plutot celle que j'ai faite jeudi soir pour avoir mon face à face. Talons et sac à main, et une bonne dose de fureur de mon côté. Quand j'y pense ce n'est quand même pas normal, je ne suis pas le genre de file à faire ça. Mais là j'aurai tué quelqu'un je crois. Quand j'ai compris que malgré mon acharnement il n'ouvrirait pas sa porte, je me suis souvenue que le balcon était juste au premier étage. N'importe qui se serait arrêté là. J'ai hésité, deux minutes. J'ai grimpé par dessus le portail en fer, et sauté de la petite murette. Couru façon Jack Bauer sous les fenêtres de la maison adjacente. Je suis montée sur une toute petite table de jardin instable au possible, et me suis hissée sur le toit du garage. Vraiment je n'étais pas sûre d'y arriver. Vraiment ce que je faisais n'avait pas de sens, c'était pas moi, c'était automatique. C'est traverser le petit toit en tôle qui a été difficile, il y avait de la mousse, humide, et ça glissait, j'ai vraiment cru que je me retrouverait en bas, un bras cassé. Là j'ai vraiment commencé à me dire que je faisais n'importe quoi. J'ai fini sur son balcon, malgré tout. Et alors? Je m'attendais pas à ce qu"il m'ouvre. Il a fini par le faire quand j'ai balancé une chaise en bois de plusieurs kilos dans la vitre. Bon, je me suis fait mal quand même un peu. Entretemps, les propriétaires de la maison dans laquelle je venais de passer hurlaient à tout va. Même ça, moi qui suis la plus trouillarde au monde, ça ne m'atteignait pas, rien ne m'atteignait. J'étais venu sans mon côté freiné. Aujourd'hui, je fais officiellement partie de ces filles cataloguées complètement barrées.
J'aurai aimé qu'il m'en colle une, vraiment au sens littéral du terme, qu'il s'accorde ça. Au final j'ai eu mon électrochoc quand même et j'ai agi en conséquence. Trop tard certes, mais pour le futur, libérée d'une emprise semi-consentie qui durait depuis trop longtemps, j'ai rendu mes liens à mon ensorceleur. J'ai réitéré que non, ça n'avait pas changé, je ne donnerai pas de nouvelles alors qu'il en attend. Que je sais quand il est là. Qu'il pouvait bien faire ce qu'il voulait. Et finalement, comme on aurait pu s'y attendre, il ne fera rien. Et que je ne voulais plus de nouvelles non plus, ni contournées, ni interposées, ni rapportées. Je suis légère, enfin.
Je résiste, les larmes montent et restent bloquées. je sais que si je lâche, je vais pleurer autant que les dernières fois. Des jours entiers. Et ça n'aidera pas. Je me contente de ma douleur.
Ma mère m'a appelée, m'impose de lui rapporter mes ingestats alimentaires et intellectuels. Elle a décrété qu'à 50 kgs, elle viendrait me gaver elle-même si elle le devait. Il n'y a pas de soutien là dedans, juste une volonté de garder la face pour elle, et de limiter l'absurdité de cette famille de fous. Je n'ai jamais été anorexique. Je le deviens par tristesse, comme tout le monde, peut-être un peu plus et donc un peu trop. J'ai perdu 13 kgs à la mort de mon père, en ai repris la moitié, grâce à ma mère, c'est ce qui l'a sortie de son immobilisme de deuil. 10 pour mon ex.
J'ai ouvert ce lieu pour son anonymat. Deux fois, mes conversations sur ordinateur m'ont trahies. Si j'avais eu quelque chose à me reprocher, je n'aurai rien écrit, ou sur papier....
samedi 4 avril 2009
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Loin de moi l'idée de juger quoi que ce soit miss, je n'en ai ni a proximité ni la sagesse; mais tes textes concernant ton Diable sont tout de même sans équivoque. Son emprise sur toi, aussi "semi-consentie" qu'elle soit, n'en reste pas moins transparente. Dommage qu'il ai fallu cet électrochoc pour réussir à t'en dégager, mais ce catharsis te permettra surement de rebondir, dans une relation plus "saine". Et tu t'en sortira, vers quelque chose d'encore plus beau; le temps est un ami fidèle dans ces moments là. Courage.
RépondreSupprimerBien entendu qu'ils sont sans équivoque. Sauf qu'on peut s'interroger. Se remémorer ces moments est possiblement déplacé quand on est en couple. Est ce critiquable? Car je m'en étais défaite, de sa présence récurrente, et de mon envie de jouer double vie comme je l'ai fait au tout tout début. Aimer c'est choisir. J'avais choisi malgré tout.
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