mardi 28 avril 2009

Sois heureuse un peu, s'il te plaît.

L'Iphone vit en mode silencieux depuis un mois. Le résultat n'est pas désagréable, il m'évite quelques déconvenues les rares fois où je vais à la bibliothèque, et je ne réponds pas à la moitié de mes appels. Finalement, la vie loin de tous est confortable. Paradoxalement, j'ai jamais eu autant l'impression d'être loin de tous. Et pourtant si proche.

Je commence mes journées de plus en plus tard. Arrivée à 11h passées chez elle pour un semblant de travail, ce qui s'est soldé par quelques heures de sommeil non nécessaires et non méritées. Puis retour à mon inertie à domicile.

Toute l'année, j'ai profité, profité d'une année dont je n'aurai pas dû pouvoir. En me stressant, en me faisant du marchandage éducatif avec moi même. Je me disais qu'avec de la chance uniquement, je ne regretterai pas tous ces moments à ne pas bosser pour mon avenir, et que tout se passerait (peut-être) comme je le rêvais. Finalement, je me rends compte que j'ai vécu chaque journée avec lui comme la dernière, consciente que tout ça était trop beau. La voilà l'explication à mes réactions disproportionnées pour une soirée annulée, un retard, une modification de plans. Chaque minute, prendre le plus possible de bon, m'en goinfrer, m'en étouffer, déguster un peu. Profiter à fond, au maximum de ce plaisir et de ce bonheur qu'il m'apportait, jusqu'à la dernière goutte, jusqu'à ce que je n'en ai plus.

Supplications de ma mère sur mon répondeur pour que je la rappelle. Je l'ai fait et tout ce que j'ai entendu, c'est qu'il fallait que je bosse, que je mette un bon coup de collier. La dernière chose que j'ai envie de faire. J'ai juste envie de me laisser glisser. Et ses sanglots pour me dire qu'elle ne veut que me voir heureuse, qu'elle voudrait pouvoir faire quelque chose. Possible, mais malgré tout elle ne fait rien. Elle est à une heure, une toute petite heure de chez moi, et n'a pas trouvé un instant en presque six mois pour venir me voir. Vient me proposer des vacances après le concours toutes les deux, et s'étonne de mon refus catégorique. On partait déjà pas ensemble quand on se supportait. J'étais toujours sagement occupée à la maison, pendant qu'elle et mon beau père faisaient le tour du monde. Quelle belle famille. Et on partirait, maintenant, pour me faire du bien? C'est presque la meilleure de l'année celle là. Encore une crise de larmes induite. J'en ai marre, je n'en peux plus.

Je suis devant le foot, ce qui est assez incompréhensible. Je n'aime ni ne déteste ça. Ça pourrait être autre chose, ce serait pareil. J'attends doucement une heure décente pour me coucher. Je regarderai peut être les néphropathies glomérulaires, juste parce que cette histoire de prolifération m'intrigue, en fait. Et le fait que ça m'intrigue, c'est déjà pas mal. Le fait que le correcteur d'orthographe trouve que "glomérulaires" ça ressemble à une faute, c'est tout le reflet de mes études. La convocation est arrivée. La fin arrivera un jour.

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