Tu auras eu un an de bonheur, et c'est déjà plus que ce que tu mérites. Même mêlé aux larmes c'était trop bien pour toi. Tu as voulu rejouer à la fille bien, et personne n'est dupe. Tous nous savons comme tu es malsaine et déstructurée, et ne voulons pas savoir le pourquoi du comment. Tu seras exactement comme on te l'a dit, pas autrement, il n'y a pas de raison. Tu seras lisse, efficace et compétente. Froide, incompréhensible et en colère. Si indépendante que l'amour n'est pas pour toi. Des gens sont faits pour, pas toi. Comme ta mère, tu finiras. En moins abimée par le temps. Mais telle qu'elle t'a faite, telle qu'elle t'a montré le chemin. Sois indépendante et ne dépend de rien ni personne.
Après avoir voulu t'inventer ton histoire d'amour parfaite, où tout était parfait, le monde t'a rappelé que tu avais visé un peu haut. Ce n'est pas ce genre d'homme qui t'est destiné. Tu les avais parfaitement trouvés, disposés à te laisser te faire tout le mal que tu voulais. Et pour ça il faut des mauvais, des médiocres, de ceux qui n'aiment pas, profitent et vont, comme tu leur demandais. Et ta vie était bien plus stable. Ton autodestruction venait à toi naturellement, et tu piétinais joyeusement le peu d'humanité qui restait en toi pour être juste un bout de chair. Quand on a trop mal, se faire plus mal encore avec autre chose ou quelqu'un d'autre est très efficace. Ca fait diversion, c'est la théorie psychologique du portillon. Toujours plus mal, toujours plus mauvais.
Lui n'était pas mauvais, t'aura apporté plus de sensualité de bonheur et d'amour que personne. T'aura aimé avec tes défauts. T'aura laissé ta chance. T'aura fait mûrir. Il a apaisé tes souffrances sans que tu le demandes. A aimé plus que de raison, plus qu'imaginable. T'a montré que la vie pouvait ne pas être difficile, sans pour autant être ennuyeuse. Tu n'as pas compris que c'était ta seule chance de changer, que plus personne ne ferait l'effort. Et vous avez construit quelque chose de magnifique de beau et de lumineux. Tout ça tu ne le méritais pas, et ça t'est reprit aujourd'hui.
Il serait simple de trouver un moyen de te mettre en colère contre lui et toi aussi de prétendre que c'est quelqu'un qui n'en vaut pas la peine, que la vie continue comme elle était avant. Tu pourrai lui envouloir te t'avoir dit son amour avant de s'en aller, comme un coup de couteau en douceur. Sauf que tu ne peux pas. Jamais tu ne pourras le dénigrer, jamais tu ne pourras l'oublier, jamais tu ne fermeras ce cratère. Tu camoufleras, avec un joli pansement.
Tu ne verseras plus de larmes, car elles ont toutes été déjà versées. Tu n'en as pas le droit, ce n'est pas à toi d'hurler comme tu es malheureuse, que si peu vaille tant. Tu souffriras doucement, lentement et correctement. Tu finiras cette histoire correctement, en souffrant autant que tu le dois et le peut. Tu diras adieu à tous ces merveilleux moments, pour ne garder que les mauvais, trop rares. Tu ne comprendras jamais.
Alors sois malheureuse comme tu le dois, et comme tu le mérites. Et plus encore si possible. Sens ta vie toute entière se dérober entre tes mains. Vois comme plus rien n'a de sens. Et contente toi de ce mal aujourd'hui, sans en chercher ailleurs, sans vouloir l'oublier, le faire passer. Personne ne te blessera à nouveau, tu le feras toute seule. Tu sentiras la douleur qui te ronge et te plaque, te brûle le coeur et l'estomac, te file la nausée et l'envie de mourir.
Quand tu as quitté ton premier amour, tu n'as pas compris quand il t'a dit qu'il avait mis trop d'amour dans cette histoire pour aimer à nouveau. Aujourd'hui tu en saisis la signification.
vendredi 3 avril 2009
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On n'oublie rien, jamais, mais tout passe, tout change. Le temps efface tout dit-on. Il n'efface pas, estompe peut être. C'est nous qui construisons autre chose. La journée sans fin style "Groundhog day" n'existe pas.
RépondreSupprimerTout passe bien sûr, mais à quel prix?
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