jeudi 30 avril 2009

Phalaenopsis

Je rêve d'hyperactivité, de surbooking professionnel, et surtout pas hors hôpital, où je suis infecte avec tout le monde et demande juste qu'on me foute la paix. Je rêve d'un plan blanc débordant, de triage intempestif, d'agraphes en guise de suture, et de bracelets pour toute identification. Je rêve d'une panique hospitalière qui réquisitionnerait tout le monde, et prendrait quelques jours à se régler, un attentat ou un bus d'hémophiles japonais sur la rocade bondée, un avion qui s'écrase plein et une ouverture de la cellule de catastrophe, du neuf quoi. Une canicule cet été ça ferait du bien. Je rêve d'un monde qui ne serait pas celui dans lequel je suis.

La lettre de deux pages annoncée par ma mère est dans ma boite aux lettres probablement, je crois que je ne vais pas aller chercher le courrier. Pour y trouver le rappel de tout de ce que je ne paie pas depuis plus d'un mois, merci, mais ça attendra que je ne supporte plus mon inactivité.

J'ai brûlé deux cents euros sur internet ce matin, à la gloire de ma carte bleue, à acheter des conneries dont je n'ai non seulement pas besoin, mais qui sont surtout déjà rangées dans mon placard depuis des mois... Dans quelques jours, appel de la banque, Youpi, (soupir) maman va être contente, et moi je suis qu'une conne. Oui, je sais. Je n'aime pas acheter sur internet, je n'y trouve pas d'intérêt, le plaisir de flâner, d'essayer... Mais comme ça ne me fait pas envie, et qu'il faut bien rentabiliser ma demi journée qui commence donc brillamment à 11h20 désormais, voilà...

Aujourd'hui je comprends (ce qui n'était pas le cas jusqu'à il y a peu) pourquoi son ex, des mois après, ne l'oubliait pas. Il fait partie de ces gens qu'on fait entrer en nous, qu'on voudrait garder pour toujours, qu'on ne peut se résoudre à ne plus aimer, ni à oublier, je comprends tellement sa patience à espérer qu'il revienne, encore, toujours. Je comprends mieux quand il me disait qu'elle faisait n'importe quoi. Ça rend folle d'aimer à ce point encore, ça rend complètement folle d'être si démesurément aliénée par tant d'amour, de frustration, d'espoirs vains mais bien réels.

Le destin me hait. Quand dans un élan bien bref de bonne volonté j'attrape un livre, j'y trouve sagement collée l'étiquette de ma première orchidée, alors qu'elle n'a rien à y faire?!. Putain, quand le ciel veut me hanter de souvenirs, et me parasiter de surprenantes coïncidences, il s'y prend pas autrement, toute la journée.
Je ne voulais parler que de choses triviales ici, sans intérêt, juste un peu envahissantes et personnelles. Pas de lui, je voulais le garder égoïstement pour moi, rien que pour moi, ne pas le partager ici, à me dire que j'étais la seule à le connaître si bien, à l'aimer autant et à être sienne. Au final, je ne parle plus que de lui... Parce qu'il me manque. Et que malgré tout...

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