vendredi 1 mai 2009

Apocalypse please.

J'ai une mémoire obsessionnelle des dates, et spécialement celles qui ne me ramènent qu'à des choses futiles.

Le premier Mai, mon beau-père offrait toujours du muguet à ma mère. Elle n'en faisait jamais état, s'en étonnait presque chaque année. Et puis, une année, on n'a jamais trop su pourquoi ni comment, ni ce qu'on avait vraiment fait ce jour là, mon père a oublié. Et le soir à 20 heures, ma mère l'a juste dit, comme ça. C'était pas un reproche, c'était juste une boutade. On imagine bien qu'à 20 heures passées un premier Mai, il n'y a plus grand chose d'ouvert, et certainement pas des fleuristes. Il a fait le tour de la ville, en vain, et a fini par essayer tous les bars (les seuls endroits ouverts) Il a réussi à y trouver un brin de muguet, pour une véritable fortune (plus de 30 euros le brin, perso je trouve que c'est une fortune). C'était indispensable. Il pouvait pas ne pas lui en offrir. J'ai trouvé ça magnifique. Le prince charmant.

L'an dernier, le premier Mai, j'étais en stage au SAMU, ce qui veut dire que je travaillais à peu près aussi rarement qu'aujourd'hui. Je connaissait l'homme parfait depuis trois semaines. Ca faisait trois semaines que j'attendais qu'il sache ce qu'il voulait faire de moi. Une histoire agonisante avec son ex trainait encore dans les parages, même si il disait à chaque fois qu'il était célibataire et qu'il devait "régler ça". Moi je m'attendais à ce qu'il fasse ça le lendemain de notre deuxième nuit, et qu'il m'appelle le lendemain en me disant "Yay, c'est bon, relax, on est que tous les deux" Au lieu de ça, impossible de le joindre, une impressionnante impression de n'être qu'une répétition de moments lubriques délicieux, et un gros doute sur la suite. Au bout d'une semaine, je me suis mise à insister méchamment sur son répondeur, et lui, ben il était juste en rando avec ses potes. Bon, manifestement on était pas partis sur le même train. Je me rappelle avoir dit "Putain, mais moi j'attends que ça depuis trois semaines, et lui il se casse en rando, non mais on croit rêver!" Bah, quand on y pense... je suis vraiment une pauvre conne.

Avec un peu de chance, la grippe va m'apporter mon plan blanc et mon affluence record pendant mes gardes. Ça me fera mon occupation, puisque de mes journées, je ne fais rien, sinon attendre, mais attendre sans savoir quoi. Il me manque, infiniment, horriblement, et encore plus quand logiquement, dans une attitude que je lui envie, il essaie de passer après, de passer à autre chose, de ne pas se poser de question inutiles, de ne pas chercher encore le pourquoi du comment, le fait que lui et moi, c'était plus qu'une petite histoire d'amour. Il y avait plus que juste ça entre lui et moi. Je n'avais jamais connu ça avant lui, cette chose indescriptible, particulière, singulière, tellement au delà de juste des sentiments.

1 commentaire:

  1. ce premier mai est pour moi aussi et pour la première fois une journée sous le signe de l'attente extra-conjugale. je n'ai rien demandé, ni même rien espéré, sauf que j'ai débarqué dans une histoire compliquée sans même le soupçonner. et pourtant le mal et l'amour sont faits... il nous faut donc attendre, attendre...

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