Je le cherche, je ne sais où et avec qui il est. Une photo de trop qui a plongé ses ongles saillants dans mon ventricule gauche, et ma fraction d'éjection qui s'écroule paisiblement. Pendant ce temps, il jongle logiquement avec la seringue de Dobutamine en attendant de savoir ce qu'il veut en faire. Il envisage peut-être de la jeter quand il se dira que je n'en ai pas besoin. Et pourtant on ne s'en remet pas comme ça. Même si ce serait certainement plus simple et moins courageux d'arrêter la réa. Prends la pilule bleue.
Dernière semaine de routine intellectuelle. La suite est réputée plus plaisante. Pour moi, il s'agira de me mettre face à mon futur amoureux et professionnel, il n'y a possiblement rien de plaisant là dedans si la vie suit son cours. Au moins, j'ai cessé de boire du mauvais rosé toute seule tous les soirs. Je pourrai en boire tous les soirs avec Elles, parait-il, et il faudra que je prenne cet air léger et détendu, soulagée du pire. Ne pas bousculer les habitudes. Quand on se met dans le rôle qu'on a toujours eu, le confort, c'est surtout celui des autres qui ne sont pas chahutés.
Dans un peu plus d'une semaine et dix cahiers colorés, ma vie sera tracée, je n'aurai plus qu'à m'y faire une place. Six ans d'études, scellées en douze heures de concours, et les quarante prochaines années suspendues à un résultat médiocre, parasité, troublé, et insipide.
Je rêve de démonstrations inimaginables, Hollywoodiennes, qui ne sont pas méritées. Cannes est fini. Je rêve d'un départ impromptu au bout du monde avec lui, dans un monde nouveau où plus rien n'existe sinon nous. J'en veux, et en ai trop à offrir, ça devient envahissant, même pour moi.
Heureusement, il est prévu qu'il fasse mauvais ces jours ci.
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